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Idée · Du catalogue de Margen

Un verre ne vous endort pas plus vite : 27 études

Vous buvez deux verres avant de vous coucher parce que vous sentez vos paupières lourdes et vous tenez pour acquis que vous vous endormirez plus vite. Une méta-analyse de 27 études publiée en 2025 a trouvé un compte moins aimable : cette dose perturbe déjà le sommeil REM, alors que l'endormissement plus rapide n'apparaît qu'à des doses bien plus élevées.

Ressentir une sédation n'est pas mesurer du sommeil. L'alcool freine l'activation du système nerveux tandis que sa concentration dans le sang augmente, et cela se sent : détente, maladresse, paupières lourdes. Aucune de ces trois choses ne chronomètre le temps que vous mettez à vous endormir.

Il est signé par Carissa Gardiner avec une équipe de physiologistes du sport et du sommeil d'universités australiennes, et il est paru en avril 2025 dans Sleep Medicine Reviews, la revue qui passe en revue la littérature sur le sommeil. Ils ont réuni des études menées chez des adultes en bonne santé, toutes avec un sommeil mesuré en laboratoire et non déclaré, et ont séparé les résultats selon la quantité d'alcool. L'article définit la dose faible, avec ces mots, comme « ≤0,50 g/kg, soit environ deux verres standard ». À ce niveau, ils ont déjà observé deux choses : le sommeil REM arrivait plus tard et durait moins.

Un verre standard, c'est 10 grammes d'alcool pur en Australie, où travaillent les auteurs, et 14 aux États-Unis. Un verre de vin de 150 millilitres à 13 % en contient environ 15 ; une bière de 330 millilitres à 5 %, environ 13. Pour une personne de 70 kilos, le plafond de la dose faible, 0,50 gramme par kilo, fait 35 grammes : deux verres de vin servis sans avarice vous placent déjà dans la zone où le REM bouge. L'article compte en verres de dix grammes ; le vôtre en pèse une fois et demie.

Le REM participe à la mémoire, à l'apprentissage et à la régulation émotionnelle. Nul besoin de transformer chaque nuit en examen des phases, mais il est utile de savoir ce que vous payez : vous pouvez vous sentir assoupi pendant que le sommeil qui arrive est réorganisé. Et l'atteinte au REM grandissait à mesure que la dose montait.

Une réduction nette du temps d'endormissement n'est apparue qu'à partir de ce que l'article appelle une dose élevée : « ≥0,85 g/kg, soit environ cinq verres standard ». À cette hauteur, l'arrivée au sommeil profond, le fameux N3, était aussi avancée. Le prix était une perturbation du REM encore plus forte. C'est pourquoi utiliser l'alcool comme somnifère est un mauvais échange : pour obtenir l'effet recherché, il faut s'approcher d'une quantité qui abîme davantage la nuit et ajoute des risques qu'une étude du sommeil ne prétend même pas mesurer.

Voilà l'échange : vous vous endormez plus tôt en échange d'un sommeil moins bon.

Deux avertissements avant d'utiliser ces chiffres. Sur le temps total de sommeil, sur l'efficacité de la nuit et sur le nombre de réveils après l'endormissement, l'incertitude était grande, et là la méta-analyse ne conclut rien ; elle n'a pas non plus mesuré les performances du lendemain ni la qualité de sommeil perçue. Et un verre standard n'est pas un verre servi : cela change selon le pays, le degré et la quantité versée, et le poids, le sexe, la nourriture, la vitesse à laquelle on boit ou les médicaments déplacent la concentration atteinte. Ce sont des catégories de recherche, pas une calculette personnelle.

Une revue de 2013 dirigée par Irshaad Ebrahim concluait que l'alcool réduisait la latence d'endormissement à toutes les doses et consolidait le sommeil pendant la première moitié de la nuit avant de le fragmenter dans la seconde. Le travail de 2025, plus récent et quantitatif, n'a pas reproduit cet avantage aux doses faibles ni modérées. L'étude de 2013 n'était pas mal faite ; quand on regroupe les données par dose et avec une autre méthode, le petit coup de main cesse d'apparaître.

Qu'appliquez-vous demain ? Si vous prenez un ou deux verres par plaisir, ne les comptez pas mentalement comme des minutes de sommeil gagnées. Séparez le fait de boire du traitement de l'insomnie. Pendant plusieurs nuits comparables, notez quatre données : ce que vous avez bu et combien, l'heure à laquelle vous finissez le dernier verre, l'heure à laquelle vous éteignez la lumière et comment vous fonctionnez au réveil. Comparez les nuits avec verre et les nuits sans à l'aide de vos propres chiffres, pas de l'impression de vous être endormi vite. Et n'utilisez pas une mauvaise nuit comme prétexte pour augmenter la dose suivante.

Si le problème de sommeil revient, travaillez l'horaire, la lumière nocturne, la caféine tardive et la cause qui vous tient éveillé. S'il est persistant, ou s'il vous faut de l'alcool pour pouvoir vous coucher, parlez-en à un professionnel de santé. Et si vous vous servez le deuxième verre ce soir, servez-le pour le goût : les 27 études ne lui ont pas trouvé une seule minute de sommeil gagnée.