
Avant de lancer un projet important, le psychologue Gary Klein propose un rituel macabre : le premortem. Réunis l'équipe et annonce : « Un an a passé. Le projet a complètement échoué. Écrivez, en deux minutes, toutes les raisons de sa mort. »
L'astuce tient à la grammaire. « Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? » appelle des réponses tièdes, parce que pointer les risques ressemble à de la déloyauté. Mais « c'est déjà un échec : pourquoi ? » transforme la critique en exercice d'imagination — et libère chacun de dire ce qu'il pense vraiment. Une étude classique a montré que ce basculement mental — regarder le futur comme s'il était déjà du passé — augmente de 30 % la capacité à identifier correctement les causes.
Ça marche aussi bien en solitaire. Sur le point d'accepter ce poste, d'acheter cet appartement, de lancer cette idée ? Écris sa nécrologie : « Ça a raté parce que… » et complète la phrase dix fois.
Presque tout ce qui en sortira peut se régler aujourd'hui. Rien ne pourra se régler après l'enterrement.