← Toutes les lectures

Poème · Du catalogue de Margen

Le judas

La maison regarde par un seul œil, rond et froid comme celui des poissons.

Par lui, le palier est une brève planète : la voisine passe, courbée par les pôles, l'ampoule pend comme un soleil de garde, l'escalier s'enfonce dans sa spirale comme l'eau dans une bonde.

Rien de ce qui arrive là-dehors n'est plat : tout parvient plié par la lentille, tout tient en entier dans le cercle de verre.

En sortant je ferme doucement et je reste un instant sur le paillasson, du côté des poissons : c'est moi maintenant qui me courbe, moi que la porte, de son œil d'eau, regarde passer.