Tu fermes la porte et la maison relâche l'air qu'elle retenait. Son service commence.
Le frigo en profite pour se plaindre. Le parquet fait craquer ses vieux os. Le robinet lâche la goutte qu'il retenait depuis une heure par politesse.
La lumière traverse le couloir lentement, de la cuisine à la chambre, touchant tes affaires une à une comme une infirmière qui fait l'appel : le livre ouvert, la tasse, le pull qui porte encore ta forme.
Personne ne sait ce que font les maisons seules. Moi je crois qu'elles répètent notre absence. Qu'elles s'exercent, tout bas, pour le jour où nous ne reviendrons pas, et c'est pour ça que lorsque tu entres à l'improviste tout est si immobile, si appliqué à faire semblant, si heureux.