← Toutes les lectures

Poème · Du catalogue de Margen

Géométrie de celui qui attend

L'absence n'est pas un creux : c'est une ligne qui continue même si on lui retire les deux points.

Je m'assieds à l'angle exact où le temps tourne et ne revient jamais avec le même visage.

J'ai mesuré la patience avec la seule règle que j'aie : l'ombre, qui s'allonge sans me demander la permission.

On dit qu'attendre, c'est ne rien faire. Mensonge. J'attends avec les deux mains, avec la respiration, avec l'angle obtus de celui qui croit encore.

Et quand tu arrives —si tu arrives— la géométrie se défait et il ne reste que ceci : deux corps, ronds, sans arêtes, contre le soir.