← Toutes les lectures

Micro-récit · Du catalogue de Margen

La maison d'août

Nous avons fermé la maison en septembre et tout l'été est resté dedans, à nous attendre.

La lumière qui entrait à six heures a continué d'entrer à six heures, même s'il n'y avait plus personne pour la voir traverser le carrelage. La serviette bleue est restée accrochée au dossier de la chaise. Au fond d'un verre il restait un doigt d'eau qui a baissé, lentement, comme quelqu'un qui se souvient de quelque chose.

Nous sommes revenus en juin avec les clés froides et l'odeur de renfermé nous a accueillis comme un vieux chien. La maison n'était pas triste. Elle avait gardé. Nous l'avons ouverte d'un coup, toutes les fenêtres à la fois, et pendant un instant les deux courants d'air, celui du dedans et celui du dehors, se sont rencontrés dans le couloir sans savoir lequel était le présent.