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Poème · Du catalogue de Margen

Le parapluie

Dans le porte-parapluies de l'entrée il attend, plié, maigre comme un lundi.

Il ne travaille que les pires jours. Personne ne le sort au soleil, personne ne l'exhibe : on l'aime à contre-courant, quand le ciel tombe.

Puis il rentre trempé et on le laisse ouvert dans le couloir, fleur noire qui goutte sur le carrelage ; pour une nuit, il prend plus de place que personne dans cette maison.

Au matin il est sec, à nouveau maigre derrière la porte.

Il y a des gens qui t'aiment comme ça : ils apparaissent quand il pleut et ne savent plus où se mettre les jours de soleil.