
Tu changes 100 euros contre des dollars au comptoir de l'aéroport de Barajas. Le panneau annonce 1,09 dollar par euro. Tu signes, tu prends 88, tu t'en vas satisfait.
L'arithmétique qu'on ne t'explique pas : la commission visible est de 3 %, disons 3 euros. Les 9 autres n'apparaissent nulle part. Ils sont mangés par le « spread », l'écart entre le prix d'achat et de vente fixé par le comptoir : on te change à 1,00 au lieu du 1,09 réel que les marchés avaient ce jour-là. Vendre cher et acheter bon marché, c'est leur métier ; le grand panneau te met en confiance et le spread te vide la poche.
Compare avec ce que fait une carte néobanque par appli : virement au taux interbancaire, 1 euro de frais, retrait à l'aéroport d'arrivée en deux minutes à un distributeur neutre. Tu changes 100 et tu reçois 108 dollars au taux réel, moins un euro de gestion : tu repars avec l'équivalent de 107.
Différence par opération : 19 dollars. Sur un voyage d'une semaine avec 400 euros changés, 76 dollars. Sur deux voyages par an, un billet de 150 laissé au comptoir par habitude.
Ouvre l'appli de ta banque avant de décoller. Transfère maintenant, retire au distributeur à l'arrivée : chaque 100 euros donnent 107 dollars à l'aéroport de destination, pas 88 à celui de départ.