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Micro-récit · Du catalogue de Margen

Il a gagné avec un potiron de 412 kilos élevé sur le rond-point

— Quatre cent douze kilos, Ceferino. Record du canton. — Note-le bien, Remedios, c'est pour ça que tu tiens la bascule du marché. — Je le note. Et je note aussi que le règlement dit « cultivé par le concurrent sur son propre terrain ». — Et c'est le cas. — Tu as deux oliviers et un cerisier. Ce n'est pas un terrain, c'est un jardin avec des prétentions. — J'ai le rond-point de la sortie, celui de la station-service. — Le rond-point est municipal, enfin. — Municipal veut dire à tout le monde. Je suis tout le monde. Une part de tout le monde, au minimum. — La brigade des espaces verts te l'arrose depuis quatre mois. — Arroser, ce n'est pas planter. Planter, c'est moi qui l'ai fait, en mars, avec ces mains et un sac de fumier de mon beau-frère. — Le prix, c'est cinquante euros et un diplôme. — Parfait. — L'amende pour occupation du domaine public, c'est quatre-vingts. — … — Ceferino ? — Je calcule. — Tu perds trente euros, maraîcher. — Ce n'est pas ça que je calcule. Je calcule où je plante celui de l'an prochain. — Ne le dis pas. — Sur le terre-plein de la route de Corella. Il est plus large et il a l'arrosage goutte à goutte.