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Poème · Du catalogue de Margen

Pourquoi la ligne blanche se peint à quatre heures du matin

Quatre heures dix du matin, kilomètre 31. La peinture sèche en quarante minutes et le premier bus passe à cinq heures dix : voilà pourquoi quatre heures.

Basilio Arrue marche à reculons devant la machine pour que la ligne sorte droite. Il ne regarde pas l'asphalte : il regarde le thermomètre à sa ceinture. Douze degrés.

—Vas-y —dit Chelo Iribas, qui conduit, et la ligne naît derrière lui, encore molle, à compter les soixante roues qui vont l'écraser avant le petit-déjeuner.