Idée · Du catalogue de Margen
Notez ce que vous terminez, pas seulement ce qui reste

La psychologue Teresa Amabile, de Harvard, a demandé à plus de deux cents professionnels de tenir un bref journal de chaque journée. Elle a réuni près de douze mille entrées et cherché ce qui distinguait les bonnes journées de travail des mauvaises. Ce n'étaient ni les compliments, ni les primes, ni la pression des délais. Le motif dominant était ailleurs : dans les meilleures journées, la personne avait progressé sur quelque chose qui comptait pour elle. Même d'un petit pas. Elle a appelé cela « le principe du progrès ».
Le problème, c'est que nos outils sont conçus pour cacher ce progrès. Une liste de tâches est un inventaire de ce que vous n'avez pas encore fait : vous pouvez rayer six choses et finir la journée les yeux fixés sur les quatre qui restent.
L'application est d'une simplicité presque ridicule : en plus de la liste des choses à faire, tenez la liste des choses faites. Deux minutes en fin de journée pour noter ce qui a avancé, même si c'est « j'ai compris ce qui ne marche pas ». Amabile a montré que consigner ces petites victoires nourrit précisément le circuit qui soutient la constance.
Ce n'est pas de l'auto-illusion : c'est une comptabilité honnête. À ne regarder que ce qui manque, la semaine entière ressemble à une dette. Et elle ne l'est presque jamais.