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Idée · Du catalogue de Margen

Cours à 85 %

Il existe en athlétisme un conseil classique qui ressemble à une coquille : pour courir plus vite, ne donne pas tout. Les entraîneurs de sprinteurs ont découvert il y a des décennies que demander cent pour cent produit des mâchoires serrées, des épaules raides et des foulées plus courtes. Demander 85 % — vite, mais relâché — donne souvent de meilleurs chronos. Les derniers mètres des grands champions ne sont pas ceux du plus grand effort : ce sont ceux du plus grand calme.

Hors de la piste, c'est pareil. Quand tu travailles crispé — à relire chaque phrase, à te surveiller, à forcer — tu rends moins et tu t'épuises plus vite. L'effort maximal et la performance maximale ne sont pas le même point : le second se trouve presque toujours un peu avant le premier.

En pratique : la prochaine fois que tu sens que tu forces, n'accélère pas ; relâche de dix pour cent. Baisse les épaules, ralentis d'un cran, desserre les dents. Ce n'est pas travailler moins : c'est enlever de la friction au moteur. L'intensité soutenable bat presque toujours le sprint permanent — ne serait-ce que parce qu'il y a une autre course demain.