
Dans la poche de mon manteau, j'ai trouvé une liste de courses de mon écriture. Je ne l'avais pas écrite.
Du pain. Du café. Des piles pour l'horloge de la cuisine. Tout ce qui, effectivement, manquait à la maison. Je l'ai gardée sans y penser davantage : elle devait être à moi, d'une semaine floue.
La deuxième est apparue dans un livre que je n'avais pas encore commencé. Bougies. Allumettes. Couverture. Cette nuit-là, le courant a sauté dans tout le quartier.
Depuis, je les cherche. Elles devinent presque toujours avant moi : de la soupe quand je ne sais pas encore que je tomberai malade, des pansements la veille du verre brisé, des fleurs le jour où j'ignorais que j'en aurais besoin.
Celle de ce matin était collée au frigo, tenue par l'aimant qu'on avait perdu il y a des années.
Elle dit seulement : « N'achète rien. Viens. »