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Poème · Du catalogue de Margen

Trois heures du matin

À cette heure le plafond devient un pays sans frontières et moi son unique habitant éveillé.

Le frigo respire dans la cuisine. L'horloge tousse ses secondes comme un vieillard qui ne veut pas mourir avant l'aube.

Je fais la liste de ce que je n'ai pas dit, des portes que j'ai fermées avec trop de douceur pour que personne ne m'accuse du claquement.

Le sommeil est un train qui passe sans freiner et je le regarde traverser depuis un quai de draps défaits.

Quand enfin la lumière se glisse, grise, sous le rideau, je me rends, reconnaissant : que le jour vienne et m'ôte des épaules le poids d'être si éveillé.