Quand une idée se bloque, il ne faut pas la forcer : il faut la sortir en promenade.
Les Grecs le savaient si bien qu'ils ont fondé une école là-dessus : les péripatéticiens, littéralement « ceux qui se promènent », discutaient philosophie en marchant. Darwin a creusé un sentier de gravier derrière chez lui —son « chemin de pensée »— et en faisait le tour chaque jour, en comptant les boucles avec des petits cailloux. Beaucoup d'écrivains avouent la même chose : les phrases qui ne viennent pas au bureau apparaissent toutes seules sur le trottoir.
Ce n'est pas de la superstition. Marcher met le corps dans un rythme qui occupe exactement la partie de l'esprit qui gêne : celle qui surveille, celle qui juge, celle qui tape nerveusement. Le reste est libre de vagabonder — et c'est du vagabondage, malgré sa mauvaise presse, que naissent les idées neuves.
C'est pourquoi la promenade sans écouteurs est une technologie de la pensée, peut-être la moins chère qui soit. Essaie avec ton prochain problème : ne le pense pas assis. Marche-le.