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Poème · Du catalogue de Margen

Le store

La nuit tient tout entière dans deux doigts de sangle.

Je tire, et le jour entre en rayures : une bande de soleil pour le verre, une autre pour le livre à plat ventre, une autre qui grimpe sur le lit comme un chat qui ne pèse rien.

Personne ne m'a appris ce métier de partager la lumière, de donner à la chambre le monde en tranches fines, au cas où le monde entier, d'un coup, serait de trop.

Au fond, la rue s'accorde.

Je lève le store : qu'il entre.