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Poème · Du catalogue de Margen

Le linge étendu

Le lundi, la cour s'éveille pleine de biographies : la belle chemise du troisième, les draps doubles du cinquième, un bavoir tout neuf là où personne n'habitait.

Le linge dit ce qu'on tait dans l'ascenseur : qui dort seul, qui s'est remis à courir, qui ne met plus la belle chemise.

Le soir, les cordes se vident et l'immeuble entier replie ses drapeaux : la même trêve, chaque jour, sans jamais signer la paix.