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Poème · Du catalogue de Margen
Trois mille journaux imprimés à trois heures quarante

Nazario Elorz, conducteur de presse, glisse la main entre deux rouleaux et sort le premier exemplaire, chaud comme un pain. Il le sent. C'est sa façon de le lire.
Pilar Sanchidrián attend, moteur allumé, avec quatre-vingt-six boîtes aux lettres à ouvrir avant six heures.
Il en sort trois mille. Le village compte deux mille huit cents habitants. Les deux cents qui restent finiront par emballer du poisson.
« Nazario, aujourd'hui encore les dorades nous lisent », dit Pilar, et elle démarre.