
Il était long comme un dimanche après-midi et sentait le cèdre. On l'a taillé tant de fois qu'il tient maintenant entre deux doigts : il a noté des numéros de téléphone, une addition fausse, le nom de quelqu'un qui n'appelle plus.
Chaque mot lui a coûté du bois. C'est pourquoi il écrit de plus en plus bas, de plus en plus près de la main, comme qui ne dit plus que l'essentiel.
Un jour, il n'y aura plus de crayon : seulement le dernier mot, tenu entre deux doigts, refusant de le lâcher.